Dieu en est-il un ? Nous affirmons contre les païens et les Trithéistes ( le fait de croire en 3 dieux ). [DIEU UNIQUE ET TRINITAIRE Q3 Turretin]

TROISIÈME QUESTION : L’UNITÉ DE DIEU

 

Dieu en est-il un ? Nous affirmons contre les païens et les Trithéistes ( le fait de croire en 3 dieux ).

 

I. Les opinions concernant Dieu peuvent être réduites à trois opinions principales, selon Gregory Nazianzus : (1) à l’anarchie (anarchie), que les athées soutiennent ; (2) à la polyarchie (polyarchie), que les païens tiennent ; (3) à la monarchie (monarchie), que les chrétiens enseignent (Oration 29*[NPNF2, 7:301 ; PG 36.76]).

 

1.Énoncé de la question.

 

II. L’une est utilisée numériquement dans deux sens : soit affirmativement seulement, soit aussi exclusivement. Dans le premier sens, c’est un qui est indivisible en lui-même et divisible par un autre, mais en plus duquel d’autres du même ordre et de la même nature peuvent être accordés (comme tout individu humain l’est numériquement). Dans ce dernier sens, c’est celui qui est le seul et unique (monadikon), d’ailleurs il n’y a rien d’autre de semblable (comme on dit que le soleil est un parce qu’il est le seul dans notre système solaire). La question ici ne concerne pas l’unité de Dieu dans le premier sens, mais dans le second. Dieu est tellement un pour l’indivision qu’il est aussi un pour l’exclusion des autres.
III. La question ne concerne pas l’unité numérique personnelle. Comme nous le prouverons plus loin, il y a plus d’une personne dans la divinité. La question concerne plutôt l’unité numérique essentielle : Dieu est-il numériquement un quant à l’essence ? Nous défendons ceci contre le polythéisme (polytheotēta) des païens et l’erreur des Trithéistes .
IV. La question n’est pas de savoir s’il y a beaucoup de dieux ainsi appelés (legomenōs) (selon l’opinion absurde et fausse des hommes qui prévaut parmi les païens). La question est plutôt de savoir s’il y en a plus d’un dans la réalité et quant à l’essence. La question n’est pas de savoir s’il y a plus de participation et d’irrégularité (car nous confessons qu’en ce sens, même les anges et les magistrats sont souvent appelés  » dieux  » dans les Écritures à cause d’une certaine participation à la domination et à l’autorité (Ps 82, 6 ; He 2 ; Jn 10, 34). La question est plutôt de savoir s’il y a plus proprement et à l’origine (ce que nous nions).

 

2.L’unité de Dieu est prouvée par les Ecritures.

 

V. Qu’il n’y a qu’un seul Dieu, les Écritures l’affirment souvent et la raison le prouve : « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est un seul Seigneur » (Dt. 6:4) ; « Mais pour nous, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, dont toutes choses » (1 Co. 8:6*) ; « Dieu est un » (Gal. 3:20) ; « Il y a un seul Dieu, et un seul médiateur » (1 Tim. 2:5). Moïse nie qu’il y en a ou qu’on peut en trouver plus que celui-ci : « Voyez maintenant que moi, moi, moi, je suis lui, et qu’il n’y a pas de dieu avec moi » (Dt. 32,39) ; et « moi, moi, je suis le Seigneur ; et à côté de moi il n’y a pas de sauveur » (Is 43,11* ; cf. aussi Is 37,16 ; 44,8).

 

3.De la raison.

 

VI. La raison confirme également la même chose. C’est une contradiction de supposer des êtres plus infinis, éternels, omnipotents et plus parfaits (tels que Dieu devrait être) et aussi plus de dirigeants du monde : « le gouvernement du plus grand nombre n’est pas bon ; que l’un soit le souverain » (ouk agathon polykoiranin heis koiranos estō-Homer, Iliad 2.204[Loeb, 1:64-65]). « Si Dieu n’est pas un, il n’est pas du tout un  » (Tertullien, Contre Marcion 1.3*[ANF 3:273 ; PL 2.249])-car s’il y en avait plus, ils seraient soit égaux (et donc ni l’un ni l’autre ne seraient les premiers et les plus parfaits) ; soit inégaux (et donc l’inférieur ne serait pas Dieu) ; soit l’un serait la cause de tous les autres (et donc lui seul serait le vrai Dieu) ; soit non (et donc aucun d’eux serait Dieu car il ne serait pas la cause de tous).
VII. Cela n’était pas non plus totalement inconnu des païens eux-mêmes lorsqu’ils assignèrent à un seul Dieu suprême (appelé « le Père des hommes et des dieux ») le gouvernement de l’univers. Quand ils lui ont subordonné les autres et qu’ils lui ont tracé leur origine, ils ont dépouillé de leur divinité ceux qu’ils appelaient des dieux. D’où Hermès Trismégiste, le père des philosophes, dans « Poimandres », 4*.10.2 (dans Corpus Hermeticum[ed. A.D. Nock, 1983], 1:53) et ailleurs, soutient qu’un Dieu, une unité est la racine de tout ce qui est (hē monas) ; dit-il, pantōn archē kai rhiza. Pythagore, selon Cicéron et Plutarque, dit : « Dieu est un, non pas comme beaucoup pensent en dehors de l’administration du monde, mais tout entier. » Orphée, qui, si l’on en croit (Pseudo) Justin Martyr, était l’auteur du polythéisme (polytheotētos) parce qu’il a d’abord introduit les noms et la généalogie des dieux, mais ne reconnaît qu’un seul Dieu (Hortatory Address to the Greeks[ANF 1:279 ; PG 6.269]). Clément d’Alexandrie dit : « Il n’y a qu’un seul Dieu défait et tous les autres dieux et les choses sont la progéniture de celui-ci » (Eis d’ hos autogenēs henos ekgona panta tetyktai, The Exhortation to the Greeks 7.64 (Loeb, 166-67)). La même opinion était partagée par les sages païens Platon, Aristote, Épictète, Cicéron, Cicéron, Sénèque et d’autres (dont le témoignage se trouve dans Plesseus, A Worke Concerning the truenesse of Christian Religion 3[1617], pp. 26-43) ; aussi Justin, Tertullien, Clément d’Alexandrie, Lactant, Arnobe, Augustin et autres, qui démontrent avec force l’unité de Dieu contre les nations.

 

4.Sources d’explication.

 

VIII. La variété des noms et attributs divins n’argumentent pas une pluralité de dieux. Ils sont utilisés pour évoquer la perfection du Dieu unique afin que, par de nombreuses conceptions inadéquates, nous puissions comprendre dans une certaine mesure ce que nous ne pourrions pas comprendre par une seule conception adéquate.
IX. Bien qu’il y ait plus d’une personne en Dieu, il n’y a pas plus de natures. Toutes les personnes participent d’une même nature infinie, non pas par division, mais par communication. Si trois personnes dans les choses humaines indiquent trois hommes, nous ne devrions[pas] en déduire que dans les choses divines, trois personnes sont trois dieux ; ou que l’unité de l’essence divine implique aussi une unité de personne (comme le veut Socinus). De trois personnes humaines, il y a trois essences singulières, numériquement distinctes, puisque même une seule subsistance épuise et délimite leur essence singulière finie. Mais des trois personnes divines, il n’y a qu’une seule essence indivise et singulière qui, étant infinie, est communicable à plus d’une.
X. Le polythéisme (polytheotēs) et l’athéisme (atheotēs) sont considérés à juste titre comme provenant de la même origine folle. L’apôtre appelle les païens « athées » (athées, Eph. 2:12) parce qu’ils étaient polythéistes (polytheoi). Celui qui ne s’en tient pas à un seul Dieu, ne s’en tient à aucun Dieu parce qu’il est pauvre du vrai.
XI. Qu’en est-il de cette enquête, puisque la raison et la nature nous conduisent à un seul Dieu, d’où le polythéisme (polythéisme) des païens pourrait-il prendre son essor, qui au lieu du Dieu unique adorait une tribu de dieux (dēmon theōn) (comme le fait remarquer Nazianze, Oration 38, « On the Theophany », 8[NPNF2, 7:347 ; PG 36.320]) ? Prudence chante ainsi à leur sujet : « Toute merveille que la terre et l’océan produisent, ils tenaient un dieu. La colline, les mers, les rivières, le feu  » (Réponse à l’adresse de Symmaque 1:297-98[Loeb, 1:372-73]). Hésiode fait le nombre des dieux trente mille : « car il y a V 1, p 183 trente mille immortels sur la terre nourricière » (Tris gar myrioi eisin eisin epi chthoni poulyboteirē, Athanatoi, Travaux et jours 252-53 (Loeb, 20-21)). Différentes réponses peuvent être données. Le principal est l’oubli du vrai Dieu et la nécessité de l’homme. Pressé par sa nécessité, l’homme cherche de tous côtés des aides et se fait donc beaucoup de dieux pour lui-même. Pliny déploie cela avec élégance : « Une mortalité frêle et laborieuse, se souvenant de sa propre faiblesse, a divisé ces divinités en groupes, de manière à adorer en sections, chacune la divinité dont elle a le plus besoin » (Histoire naturelle 2.5[Loeb, 1:178-79]). Comme ils y étaient pressés par une nécessité multiple, ils cherchaient des dieux multiples pour les soulager, comme si un Dieu suprême ne pouvait pas tout faire.
XII. Deuxièmement, la vénération et le culte de ceux qui ont accordé des bénédictions remarquables à la race humaine ont introduit une multitude de dieux. Car ceux qui, soit ont commis des crimes illustres, soit se sont rendus dignes d’éloges par d’éminents mérites, soit parce que, par une grande découverte, ils ont été utiles à la race humaine, soit parce qu’ils ont réussi dans la guerre, soit parce qu’ils ont fondé des nations ou des villes, ont été inscrits parmi le nombre des dieux. D’où Cicéron : « L’expérience humaine et la coutume générale ont d’ailleurs fait de la déification de la renommée et de la gratitude une pratique de conférer à d’éminents bienfaiteurs. Telle est l’origine d’Hercule, de Castor et de Pollux, d’Esculape et aussi de Liber » (De Natura Deorum 2.24.62[Loeb, 19:182-83]). Pline observe aussi : « Inscrire ces hommes parmi les divinités est la méthode la plus ancienne pour leur rendre grâce pour leurs bienfaits. En fait, les noms des autres dieux et aussi des étoiles que j’ai mentionnés plus haut, proviennent des services des hommes » (Histoire naturelle 2.5*[Loeb, 1:180-83]). Tertullien (Ad Nationes 10-11[ANF 3:118-21]), Minucius (Felix) (Octave 21[ANF 4:185-86]), Lactantius et Arnobius le montrent en général (à savoir, que les dieux tenus dans la plus grande estimation parmi les païens ne sont autres que les hommes). Et si nous examinons le sujet de près, nous pouvons facilement découvrir que les philosophes et les poètes ont emprunté (la plupart d’entre eux) aux Hébreux ; mais ceux-ci sont tellement interpolés par la ruse de Satan et impliqués dans la fable qu’une grande masse de crasse devrait être brassée afin de trouver quelques graines d’or. Par exemple, prenez Saturne avec ses trois fils qui se partagent l’empire du monde. Des hommes instruits ont observé que Noé et ses trois fils étaient latents ici (comme Bochart et Vossius l’ont prouvé de manière satisfaisante).
XIII. Troisièmement, une occasion de polythéisme, entre autres, n’était pas seulement la multitude des noms divins, mais principalement la variété et l’abondance des attributs et des œuvres de Dieu. Par cela, les hommes influencèrent imperceptiblement la croyance en de nombreux dieux, recherchèrent tant de perfectionnements, tant de perfectionnements si grands, divisés en plus d’un, plutôt que combinés en un seul.

Turretin.

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