Les Saintes Écritures ont-elles été écrites qu’occasionnellement et sans le commandement divin ? Nous nions contre les papistes. [SAINTES-ECRITURES Q3 Turretin].

TROISIÈME QUESTION : LES ÉCRITURES SOUS COMMANDEMENT DIVIN.

 

Les Saintes Écritures n’ont-elles été écrites qu’occasionnellement et sans le commandement divin ? Nous nions contre les papistes.

 

1.Énoncé de la question.

 

I. Cette question est agitée entre nous et les papistes. Pour diminuer l’autorité et la perfection de l’Écriture, ils enseignent non seulement qu’elle n’est pas si nécessaire et que l’Église peut s’en passer, mais aussi qu’elle n’a pas été livrée à l’Église par le commandement exprès de Dieu, mais seulement dans des circonstances particulières ; que le Christ n’a ni commandé aux apôtres d’écrire, ni pensé à écrire l’Évangile dans une intention première mais seulement avec une intention secondaire et occasionnelle (Bellarmin, VD 4,3-4 ; pp. 116-22).
II. La question n’est pas de savoir si les écrivains sacrés ont été poussés par certaines occasions à écrire. Car nous ne nions pas qu’ils ont souvent profité des occasions qui leur étaient offertes pour s’engager à écrire les mystères de Dieu. La question est plutôt de savoir s’ils ont écrit en fonction d’opportunités qu’ils ne pouvaient pas aussi écrire en fonction d’un ordre exprès divin. Car nous pensons que ces choses ne doivent pas s’opposer les unes aux autres, mais s’unir. Ils pouvaient écrire à la fois sur la présentation d’une opportunité, par un commandement divin et par une inspiration divine. Oui, ils ont dû écrire par la volonté divine parce que Dieu seul pouvait présenter une telle occasion, car elle ne leur a pas été présentée sans dessein ni employée de leur propre gré.
III. Une commande peut être implicite et générale ou explicite et spéciale. Bien que tous les écrivains sacrés n’aient peut-être pas reçu un ordre spécial d’écrire (comme beaucoup l’ont fait, Ex 17:14 ; Dt. 31:19 ; Is. 8:1 ; Jérémie 36:2 ; Hab. 2:2 ; Apoc. 1:11*), pourtant ils avaient tous un ordre général. En effet, le commandement d’enseigner (Mt 28, 19) inclut aussi le commandement d’écrire, puisque les personnes éloignées et la postérité ne peuvent être enseignées que par l’écriture. C’est pourquoi la prédication est parfois dite « par écrit », parfois « en actes » et encore « en paroles ». De plus, l’inspiration immédiate et l’impulsion interne du Saint-Esprit par laquelle les écrivains ont été influencés étaient pour eux à la place du commandement. C’est pourquoi Paul appelle les Écritures d’inspiration divine (théopneuston, 2 Tim. 3:16) et Pierre dit que « la prophétie n’est pas venue dans les temps anciens par la volonté de l’homme : mais les saints hommes de Dieu ont parlé comme ils ont été touchés par le Saint Esprit » (hypo pneumatos hagiou pheromenous, 2 Pierre 1:21).Or, il serait absurde (asystaton) de dire que les apôtres ont écrit comme Dieu les a inspirés et émus et qu’il ne les a pas commandés. Un commandement n’est pas plus efficace que l’inspiration des choses à écrire, et un fidèle ambassadeur ne s’écarte jamais de ses instructions.
IV. Bien que les apôtres ne mentionnent pas toujours un commandement spécial du Christ (ce qu’ils font néanmoins, comme Jean, Jude et d’autres), ils nous donnent clairement à comprendre cela quand ils le font : (1) professent être les maîtres universels de toutes les nations ; (2) se disent fidèles serviteurs du Christ (et donc particulièrement soucieux d’accomplir ses commandements) ; (3) disent qu’ils sont influencés par l’Esprit (2 P 1:21). C’est pourquoi Grégoire le Grand  a bien fait remarquer : « Lui-même a écrit qui a dicté ces choses à écrire ; lui-même a écrit qui était aussi l’inspirateur de l’œuvre » (« Préface » de la première partie, Morales sur le Livre de Job[1844], 1:15[Praef. 1.2, PL 75.517]).

 

2.Sources d’explication.

 

V. Chaque apôtre n’était pas tenu d’écrire, bien qu’il fût tenu de prêcher. Car, de même qu’ils se sont engagés à l’inspiration divine dans l’exercice de la prédication, ils étaient tenus d’attendre et de suivre la même chose par écrit. Car l’office était égal dans les choses essentielles à l’apostolat, afin qu’ils soient tous également des maîtres inspirés de Dieu (théopneustoi), mais il n’était pas égal dans l’exercice de tous les actes particuliers qui lui appartiennent. Il n’est donc pas étrange que (selon la volonté du Saint-Esprit) certains aient été employés à la fois à l’écriture et à la prédication, d’autres seulement à la prédication.
VI. Un livre commun n’a pas été composé conjointement par tous les apôtres, à la fois parce qu’ils ne semblaient pas avoir conclu un pacte et parce qu’il ne semblait pas avoir plus d’autorité que celui qui serait écrit séparément par chaque individu. Cela semble avoir été la raison pour laquelle le Christ s’est abstenu d’écrire – c’est-à-dire qu’on pourrait dire qu’il y en a un qui écrit son épître non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant ; non pas dans des tables de pierre, mais dans le cœur (2 Co 3,2). Il suffisait donc que ces choses soient écrites par certains et approuvées par les autres. Oui, elle ajoute beaucoup de poids et d’autorité aux écrits apostoliques, qu’ils ont écrits en différents lieux, pour diverses raisons et en différentes occasions, dans un style et une méthode différents pour différentes personnes et pourtant si cohérents entre eux.
VII. Il n’était pas nécessaire pour les apôtres d’écrire un catéchisme pour délivrer leurs doctrines professément. Il leur suffisait de nous transmettre ces doctrines selon lesquelles tous les livres symboliques et les catéchismes pouvaient être construits. S’ils n’ont pas formellement écrit un catéchisme, ils nous ont matériellement laissé, soit dans les évangiles, soit dans les épîtres, les choses par lesquelles on peut nous enseigner clairement les principes de la religion (katēcheisthai).
VIII. De même que nous ne devons pas imposer une loi au Saint-Esprit et lui prescrire la méthode pour révéler sa volonté, de même nous ne devons pas douter que la méthode d’écriture qu’ils suivaient était la plus appropriée ; non seulement parce que la coutume de l’écriture par épîtres était à l’époque généralement adoptée (parce que ce type d’écriture était le mieux adapté pour diffuser rapidement l’évangile, qui était l’objet principal des apôtres), mais aussi parce que cette méthode d’écriture (simple et populaire) convenait à tous (aussi bien les non instruits que les savants) et transmettait une théologie pas idéale et simplement théorique, mais pratique et réelle.
IX. Le Credo des Apôtres est ainsi appelé, non pas efficacement (tel que délivré par les apôtres), mais matériellement (tel qu’il a été tiré des doctrines des apôtres et en est la moelle et la substance).
X. Ceux qui écrivaient quand une opportunité leur était offerte et par la nécessité de celle-ci, pouvaient néanmoins écrire sur commande. Les choses subordonnées ne s’opposent pas les unes aux autres. Le commandement du Christ était la cause motrice principale et l’occasion offrait la cause motrice secondaire (car elle était moins principale) qu’ils savaient utiliser pour la gloire de Dieu et l’édification des hommes, tout comme les apôtres prêchaient à la fois par ordre et par occasion.
XI. Bien que les apôtres étaient tenus d’écrire parce qu’ils étaient tenus d’enseigner, il ne s’ensuit pas que les pasteurs d’aujourd’hui sont tenus d’écrire comme d’enseigner parce qu’ils sont dans une relation différente. Comme les apôtres étaient tenus d’enseigner à toutes les nations, ils étaient des maîtres œcuméniques ; ce n’étaient pas des pasteurs si ordinaires qu’on leur avait confié un troupeau particulier.

Turretin.

 

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